Alpha du Centaure : trois soleils, et peut-être des mondes
L'étoile la plus proche n'est pas une étoile, mais trois. Portrait de notre destination.
Vue de l'hémisphère sud, Alpha du Centaure est un seul point brillant, le troisième du ciel nocturne. Au télescope, il se dédouble : ce sont deux soleils, Alpha du Centaure A et B, qui tournent l'un autour de l'autre en un peu moins de 80 ans. Une troisième étoile, beaucoup plus discrète, les accompagne de loin : Proxima du Centaure.
Deux soleils proches du nôtre
Alpha du Centaure A ressemble beaucoup au Soleil : un peu plus massive, un peu plus lumineuse. B est un peu plus petite et plus orangée. Leur distance mutuelle varie au fil de leur orbite, d'environ 11 à 35 fois la distance Terre–Soleil. Le couple est à 4,37 années-lumière : la lumière qui en part aujourd'hui nous arrivera dans un peu plus de quatre ans.
Proxima, la petite voisine
Proxima est une naine rouge, une étoile froide et peu lumineuse, invisible à l'œil nu. Elle est légèrement plus proche que le couple, à environ 4,24 années-lumière, et tourne autour de lui à une distance énorme, de l'ordre de 13 000 fois la distance Terre–Soleil.
En 2016, des astronomes y ont détecté Proxima b, une planète d'une masse proche de celle de la Terre, qui fait le tour de son étoile en une dizaine de jours, dans la zone où l'eau pourrait être liquide. Mais Proxima est une étoile colérique : ses éruptions bombardent régulièrement la planète. Savoir si Proxima b a gardé une atmosphère est l'une des grandes questions des prochaines années.
Et autour des deux soleils ?
Chercher des planètes autour d'A et de B est plus difficile : l'éclat des étoiles noie tout. C'est précisément le travail de petits télescopes spécialisés, comme TOLIMAN, qui doit mesurer pendant des années le moindre balancement des deux étoiles, trace des planètes qui les accompagnent (voir la marche G-SGT-01).
Pourquoi c'est notre destination
Parce que c'est la plus proche. Le système d'Alpha du Centaure est un laboratoire idéal : deux étoiles semblables au Soleil, une naine rouge, et sans doute des planètes. Chaque mesure faite depuis la Terre prépare le jour où une sonde, puis peut-être un équipage, ira voir de près.